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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 10:02

Une femme qui dort en entreprise

Malgré les difficultés à dénicher quelques mètres carrés, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à réserver un espace dédié à la sieste. Nos modes de vie ont en effet bien changé ces dernières décennies et la fatigue s’est imposée dans notre quotidien, entrainant de multiples conséquences : somnolence, inefficacité, stress, accidents, humeur… Des troubles qui usent les salariés et coûtent cher aux entreprises.

Alors la sieste est-elle une solution efficace ? C’est en tout cas ce dont sont convaincus ces initiateurs qui ont dû braver un véritable tabou pour vendre ce projet dans leur entreprise. C’est pourquoi, nous avons cherché à comprendre quels ont été les différents facteurs à l’origine de ces décisions.


Les salariés manifestent le besoin d’un espace de repos

Chez Bayard Retraite (devenu Réunica), ce sont les salariés qui en ont fait la demande. Certainement décomplexés par un climat social favorable au sein de cette entreprise, des salariés et des représentants du personnel ont osé manifester à la DRH leur souhait de pouvoir se reposer ou dormir après leur déjeuner. Profitant d’un déménagement, les salariés bénéficient désormais d’un espace conçu pour le repos au sein de leurs nouveaux locaux. Cette démarche semble naturelle et simple, elle est pourtant encore tout à fait exceptionnelle.

L’entreprise consulte ses salariés sur l’amélioration des conditions de travail

Faire contribuer son personnel aux idées d’amélioration des conditions de travail… quoi de plus gratifiant pour les salariés ? C’est de cette façon que le célèbre cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) a lancé à Neuilly en 2009 son concept « PWCool », dont le projet était de créer un espace détente et de relaxation. Au programme : fauteuils relaxants, massages, séances de Yoga… et siestes ! 

Mais ces idées ne sont pas toujours suivies. En 2008, la Sogeti lance auprès de ses 18 000 salariés un brainstorming sur 3 jours pour réfléchir à l’avenir de l’entreprise. 60 idées seront retenues parmi les 2000 et soumises aux votes des salariés. « Le choix des idées devait résulter d'une décision commune… mais certaines étaient surnotées comme celle visant à rendre la sieste obligatoire » précisera le directeur de l’innovation qui a organisé cet échange. Alors bien sûr, vouloir rendre la sieste obligatoire est maladroit, car tout le monde n’en ressent pas nécessairement le besoin. Cependant le fait que la sieste ait été « surnotée » est un message qui ne doit pas être négligé.

Les Risques psychosociaux poussent les entreprises à imaginer des solutions innovantes

La prévention des Risques psychosociaux, fortement encouragée par le gouvernement, pousse de nombreuses entreprises à imaginer et tester de nouvelles solutions pour améliorer les conditions de travail. C’est dans ce cadre que le concept de salle de sieste est né au sein de quelques entreprises. A Lyon, France Telecom a même fait dessiner par des designers des fauteuils et cabines de siestes. Ceux-ci ont été intégrés dans un espace séparé et sombre afin que les 900 salariés puissent s’accorder un peu de repos. Les conclusions de ce test seront rendues fin 2011 et permettront d’envisager le déploiement sur d’autres sites.

Pénibilité, conditions de travail difficiles

Le travail posté et les métiers très exposés au risque d’accidents font l’objet de toutes les vigilances. On peut de façon évidente citer les entreprises disposant de flottes de chauffeurs routiers dont la vie (ainsi que celle des autres) dépend directement de leur capacité à rester vigilants. Les actions de prévention sur la gestion des pauses et des courtes siestes y sont régulières.

Chez Radio France, les espaces de repos ont surtout été créés pour des journalistes et leurs équipes souvent amenés à travailler en horaires décalés du fait de l’actualité et des contraintes éditoriales.

Convictions personnelles et dirigeants courageux

Qui n’est pas déjà convaincu des bénéfices de courtes siestes ? Le dirigeant d’une petite ou moyenne entreprise pourra peut-être plus facilement franchir le pas et les proposer aux salariés qui le souhaitent… encore faut-il une bonne dose de courage. Le premier à l’avoir fait en France est le PDG de l’entreprise Leblon-Delienne, 45 salariés dont la moitié pratique régulièrement les courtes siestes. C’est en revenant d’un voyage au Japon, où cette pratique est courante, qu’il a décidé de créer un espace de repos.

Plus récemment, le PDG fondateur d’une entreprise de 30 personnes, Novius, a lui aussi décidé de créer un espace de sieste. Pratiquant et convaincu des bienfaits de la sieste, il tient à donner l’exemple à ses salariés en se rendant dans cette salle le plus souvent possible afin de les inciter à se reposer eux-aussi.

Ces efforts et initiatives ne doivent toutefois pas laisser penser que la sieste s’est démocratisée dans les entreprises françaises. Les exemples cités ici sont encore trop rares et les solutions pour la majorité d’entre elles peu pérennes.

Pour véritablement réussir à briser ce tabou et à décomplexer les salariés, quelques conseils : 
- Faire connaître les enjeux et bénéfices de la sieste
- Obtenir le soutien fort et ouvert de la Direction
- Sensibiliser et former le personnel aux courtes siestes
- Adapter le dispositif au nombre de salarié et à leurs besoins 

 


Nicolas Oliveau, Conseil, formation dans etre-bien-au-travail.fr

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 12:44

richess.jpgDans la vie, certains n’ont pas d’autre ambition que d’amasser des richesses. Leur vie entière est basé sur ce principe : devenir plus riche. Elles travaillent dur et se démènent pour entasser chaque jour quelques noisettes supplémentaires, comme des écureuils laborieux. Et année après année, alors que leur fortune grandit et devient colossale, ces gens se rendent comptent qu’ils ne sont pas heureux.

Leur réflexe est de se dire « Je ne dois pas encore être assez riche. Dés que j’aurai ceci, quand j’aurai acheté cela, alors le bonheur viendra ». Ils décident alors de remettre leur bonheur à plus tard, et continuent leur incessante quête de richesse.

Au crépuscule de leur vie, ceux-là finissent parfois par se rendre compte qu’ils ont fait fausse route. Ils regardent alors en arrière, et ruminent l’échec de leur vie, en ayant la sensation d’être passé à côté de quelques chose. Finalement, la vie, ce n’est pas si terrible ! Après tout, avec tout ce que j’ai, je dois être heureux, maintenant. Et si le bonheur, ce n’est que ça, alors ça ne valait peut-être pas le coup de se donner autant d’efforts.

Bien sûr, tous ces gens ne sont pas malheureux. Ils connaissent des moments de joie intense, de bonheur fabuleux. Mais ce ne sont que des flash aléatoires dans la longue nuit de leur existence, allant et venant au gré des circonstances.

Pourtant, moi qui ai la prétention d’écrire sur le développement personnel, je vous annonce que ma grande ambition est aussi d’accroitre ma richesse, jour après jour.

Mais alors, vous ne comprenez plus. Qu’est ce qu’il raconte, celui-là ? Il a pris un coup de soleil, c’est pas possible ?! Et bien, c’est peut-être tout simplement que vous et moi n’avons pas la même définition de ce qu’est la richesse.

Qu’est-ce que la richesse ?

Beaucoup ont une vision de la richesse complètement pervertie. Pour eux, la notion se résume à richesse = possessions matérielles. Voire, pour les cas les plus désespérés, richesse = argent. Ceci est particulièrement vrai dans les cultures occidentales ou l’on nous enseigne que la consommation est la voie du bonheur, que l’accomplissement est dans la possession matérielle, et que la croissance infinie est la seule porte de sortie.

Il s’ensuit une fuite en avant dans la quête du bonheur. On me dit que je dois posséder pour être heureux, mais je ne le suis pas. C’est donc que je ne possède pas assez. Je dois donc travailler pour posséder plus, et alors j’accéderai au bonheur. On en vient alors à négliger l’essentiel : le bien-être, la santé, les amis, etc.

Tout le monde connait le dicton « l’agent ne fait pas le bonheur ». Il n’y a rien de plus vrai, puisqu’il est possible d’être heureux sans argent, de même qu’il est possible de ne pas l’être avec un compte en banque prêt à déborder. Si on leur demande, les gens répondent presque toujours quelque chose comme « je sais que l’argent ne fait pas le bonheur, en amasser n’est pas mon but dans la vie ». Pourtant, derrière ces sages paroles, la réalité est toute différente, et les comportements démentent les paroles.

Mais alors, c’est quoi, être riche ?

Having Money Trouble
Crédit photo : Big-E-Mr-G

Si vous voulez savoir si vous êtes riche, imaginez que par un concours de circonstance tout à fait surprenant et, j’en conviens, improbable, vous vous retrouviez à moitié nu en plein désert la nuit sur une autre planète. Que vous resterait-il ? Si vous me répondez « pas grand chose », alors je considérerai que vous n’êtes pas riche.

Pour ma part, je pense que la notion de richesse est directement correlée avec celle de bonheur. J’ai donc établi une classification des sources de richesse.

Tout d’abord, comment savoir si quelque chose représente de la vraie richesse ? Considérons les points suivants :

  • Intrinsèque ou extrinsèque ? Vos compétences, votre savoir faire, votre personalité, votre humour, toutes les blagues que vous avez mémorisé, etc. sont autant d’éléments intrinsèques. Ils font partie de vous, ils vous sont inséparables, et vous caractérisent. Personne ne peut vous les retirer, autrement qu’en vous faisant passer l’arme à gauche.

    En revanche, votre télé, votre maison, ou votre voiture sont des éléments extrinsèques. Ils sont extérieurs à vous, vous pouvez les toucher, les voir, les sentir, les écouter, mais vous pouvez aussi les perdre.

    Il existe également des « mixtes ». Prenons vos relations, vos amitiés, vos amours. Tout ceci prend racine en vous, mais nécessite l’intervention d’éléments extérieurs (autrui, en l’occurence).

    Par définition, votre richesse dépend de ce que vous possédez. Or, vous ne possédez vraiment que ce que l’on ne peut vous enlever. Vos caractéristiques intrinsèques vous confèrent infiniment plus de richesses que vos possessions matérielles extrinsèques.

  • Éphémère ou permanent ? Le deuxième élément à prendre en compte, c’est le caractère temporel de la source de richesse considérée. Par exemple, si vous êtes capable de gérer vos émotions, c’est un savoir que vous conserverez toute votre vie. À tout moment, vous pourrez avoir besoin de cette compétence, elle vous tirera de bien des mauvaises situations, et vous sera d’une aide précieuse pratiquement chaque jour de votre vie.

    Si vous détenez une compétence informatique dans un certain domaine, c’est aussi une source de richesse. Vous pourrez trouver un job, et gagner votre beurre avec. Sauf que cette compétence deviendra sûrement caduque et obsolète un jour prochain, et il vous faudra travailler pour la maintenir à jour, ou changer de métier.

    Ce qui est permanent est généralement source d’une plus grande richesse que ce qui est éphémère. C’est l’essence même dudéveloppement personnel : il ne s’agit pas de quelques trucs et astuces, il s’agit de travailler toute sa vie pour développer cette richesse intemporelle.

  • Source de bonheur ou pas ? Troisième point à considérer : cette source de richesse est-elle source de bonheur ? Mon compte en banque est une source de richesse. Est-il source de bonheur ? Assurément, non. Mes amis sont une source de richesse1. Sont-ils source de bonheur ? Assurément, oui !

    Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège qui consiste à confondre plaisir et bonheur. Le plaisir est une émotion éphémère. Le bonheur est bien plus que ça. C’est quelque chose de transcendant. Une vie axée sur le plaisir n’apporte que rarement le bonheur.

    Si vous avez du mal à faire la distinction, posez vous tout bêtement la question. Est-ce que posséder cette nouvelle voiture m’apporterait du plaisir, ou du bonheur ? Généralement, la réponse vient toute seule, si vous savez écouter.

    Alors, plutôt que de vous endetter juste pour le plaisir de conduire une voiture plus puissante, plus rapide, plus lourde, plus polluante, et pour épater vos amis, rangez plutôt votre fierté au placard, arrêter de vous comporter comme un gamin qui joue à « c’est moi qui ai la plus grosse », et investissez vous dans des causes plus utiles et moins futiles.

Les sources de richesse

Le but n’est pas de définir une classification exacte de la valeur des sources de richesse. Je ne suis ni mathématicien, ni biologiste ! Le but est de vous donner des éléments de réflexion pour vous aider à faire vos choix et définir vos priorités.

Voici, une petite liste indicatives et absolument non exhaustive de sources de richesse :

  1. Les possessions matérielles : je vous ai donné l’impression de cracher sur les possessions matérielles ? Ce n’est pas le cas. J’apprécie de vivre dans mon petit appartement, de dormir dans mon lit moelleux, de trouver de la nourriture en bonne condition dans mon frigo, et de perdre quelques heures de temps en temps à surfer sur le net grâce à mon ordinateur.

    Ça ne m’intéresse pas de jouer mon Diogène en vivant dans un tonneau, je veux profiter des progrès et des avantages que des millions d’années de civilisation ont fini par apporter.

    Je ne crache pas non plus sur l’argent. L’argent n’est pas sale, il est partie intégrante de notre culture. J’ai besoin d’argent pour manger, payer mes factures, et m’adonner à quelques loisirs futiles. Sinon, je n’aurais pas mis de pub sur Palsambleu !

    Seulement, je dis que les possessions matérielles et l’argent ne doivent pas prendre plus d’importance qu’il n’en ont, et doivent rester ce qu’ils sont : des moyens, et non des fins.

    En matière de possessions, la règle est simple : contentez vous du strict minimum. Vous pouvez vous passer de voiture ? Parfait ! Utilisez les transports en commun. Vous ne téléphonez pas à tout bout de champ ? Débarrassez vous de votre téléphone portable, et prenez le temps d’écrire des lettres. Vous avez une télé ? Soyez sans pitié ! Recyclez-la en aquarium !

    Individuellement, chaque objet est une source de confort et de plaisir. Mais en les accumulant, ils deviennent sources de problèmes. Emmener la voiture au garage et la télé à réparer, appeler le service après vente de la machine à laver qui vient de tomber en panne, travailler plus pour payer les crédits, tout ceci prend du temps, que vous auriez pu employer de bien meilleure façon, et au final est néfaste pour la qualité de vie. La meilleure façon d’éviter cela, c’est encore de se contenter du minimum.

  2. Vos connaissances : La connaissance, c’est le niveau 0 de la richesse intérieure. Depuis votre naissance, vous n’avez cessé d’être assailli d’informations par vos sens, seconde après seconde, et ces informations, une fois internalisées, analysées, disséquées puis mémorisées (ou pas) par votre cerveau, deviennent des connaissances.
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    Crédit photo : lanx1983

    Je ne rentrerai pas dans un débat terminologique compliqué sur ce que signifie vraiment le fait de connaître quelque chose. Dans le sens ou je l’entends ici, la connaissance s’apparente à l’information. Lorsque vous écoutez les nouvelles, lisez un magazine scientifique, ou un livre philosophique, vous augmentez vos connaissances. Lorsque vous arpentez les ruelles de votre ville de long en large en apprenant le nom des rues, lorsque vous demandez à votre boulangère de vous expliquer comment on fait le pain, lorsque vous consultez une encyclopédie au hasard, vous augmentez vos connaissances.

    La connaissance, c’est la source de l’apprentissage, c’est le réservoir de la créativité, c’est la matière première de l’imagination, c’est la base de l’intelligence. C’est sur cette base que se constuiront vos compétences, votre savoir faire et votre savoir être.

    Pour engranger toujours plus de connaissance, il est important de rester curieux et ouvert. Posez des questions, intéressez vous, cherchez à comprendre comment ça marche, pourquoi ça fonctionne, abonnez vous à des magazines spécialisés, parlez aux gens que vous côtoyez. Et surtout ne vous limitez pas à un seul champ de recherche. Ne croyez pas que vous obtiendrez une connaissance de qualité rien qu’en surfant sur Internet. Sortez, bougez, faites du sport, de la musique, prenez des cours de dessin, allez au théâtre, étudiez l’histoire, que sais-je ? Soyez varié ! La connaissance, c’est le terreau de votre esprit2.

    Là encore, toutes les informations n’ont pas la même valeur. Certaines connaissances vous feront réfléchir, vous pousseront vers l’avant, et vous rendront meilleurs. D’autres ne serviront qu’à vous faire perdre du temps, et parasiteront votre esprit. C’est ce qui se passe lorsque vous écoutez les faits divers, qui vous abreuvent d’événements somme toute anodins et exceptionnels en les présentants comme courants et répandus. Vous les aurez oublié une heure après, mais le malaise et la peur de sortir persisteront.

    Faites la part des choses, et ne perdez plus votre temps à bourrer votre cerveau de cochonneries.

  3. Vos compétences : Le niveau de richesse suivant, c’est la compétence, c’est à dire votre savoir faire. Vos compétences sont la cristallisation de vos connaissances, vous avez appris à faire des choses. Vous ne subissez plus le monde qui vous entoure, vous pouvez agir sur lui. Vous détenez une influence, vous pouvez faire bouger les choses, exprimer votre voie, d’observateur devenir acteur, et de réactif devenir proactif.

    Les compétences sont sources de richesse en ce sens ou elles représentent le premier pas vers l’indépendance. C’est ce qui vous permet de survivre dans l’univers qui est le votre.

    D’une compétence, vous pouvez faire un métier pour gagner votre vie3. Mais vous pouvez aussi l’utiliser pour aider vos amis, pour vous cuisiner de bons petits plats, vous bâtir une maison, ou pour séduire votre partenaire, etc.

    Là aussi, il est important de rester ouvert, et ne pas se reposer sur ses lauriers en recherchant l’écletisme. Si quelqu’un vous propose de vous enseigner une recette de cuisine, acceptez, et soyez un bon élève, attentif et curieux. Si vous refusez en prétextant que vous ne cuisinez jamais, vous aurez perdu une bonne occasion de devenir plus riche.

    Si vous avez l’occasion d’apprendre à bricoler, à dessiner, à jongler, à lire les lignes de la main, pratiquer la magie, parler en public, sauter à l’élastique, acceptez. Donnez vous la chance de vous ouvrir en devenant compétent dans de nombreux domaines. N’oubliez pas que le savoir faire est une des plus importante source de pouvoir.

  4. Votre santé : Pour l’instant, nous n’avons encore parlé que de l’esprit. N’en déplaise à certains, et jusqu’à preuve du contraire, le corps et l’esprit sont liés. Votre corps est le véhicule de votre esprit, c’est votre outil concret pour accéder au monde. Un corps fort et en bonne santé constitue donc une richesse inestimable.

    Si vous négligez votre corps, un jour ou l’autre, tous les aspects de votre vie en patiront. Vous vous sentirez mal dans votre peau, votre confiance en vous fondra, vos facultés de concentration plongeront, et niveau séduction, je n’en parle même pas.

    En revanche, un corps bien entretenu vous permettra à court terme d’avoir de l’énergie pour être optimiste, entreprenant, aventureux, actif. A long terme, vous vivrez longtemps et dans de bones conditions. Vous pensez qu’il est impossible d’être en bonne forme passé un certain âge ? Regardez un peu Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido. Si d’autres l’ont fait, alors vous pouvez le faire.

    Il faut donc protéger son corps comme quelque chose d’extrémement précieux. Il doit être entretenu régulièrement par des exercices, des assouplissements, et une alimentation saine.

  5. Votre savoir être : Mens sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain. C’est ce qui vous a conduit vers l’indépendance. Mais la vraie richesse ne se trouve que dans l’interdépendance, dans la relation aux autres, dans l’entraide, et le fait de se rendre utile à ses proches et à sa communauté.

    C’est pourquoi la plus grande richesse intérieure que l’on puisse développer à mon avis, c’est le savoir être. Tout un ensemble de compétences synergiques dont l’aboutissement est la faculté sociale, celle de s’intégrer dans une société, dans un groupe, de communiquer et tisser des liens avec autrui.

    Rien vraiment ne bouge, mais tout est différent,
    comme ces festins qu’on mange seul, ou en les partageant.
    JJ Goldman.

    Si les richesses définies ci-dessus vous permettent de survivre, le savoir être, c’est savoir vivre. Mais pour y parvenir, la route est longue, et les obstacles nombreux. Combien d’amis se brouillent pour des broutilles ? A cause d’une incapacité à gérer ses émotions, discuter de ses problèmes, et résoudre ses conflits pacifiquement selon une approche gagnant / gagnant ?

    Pour nouer des liens, et bâtir des relations solides et durables, il faut être capable d’aller vers autruicommuniquer correctement, être digne de confiance, savoir dire non, se rendre disponible, gérer correctement ses priorités, avoir de l’humourmaîtriser ses émotions et gérer son stress, et j’en passe…

    Toutes ces facultés, ce savoir être, seront le tramplin qui vous propulsera vers une vie accomplie et heureuse. Une fois acquises, elles ne pourront jamais vous être retirées, et vous seront utiles absolument chaque jour de votre vie. Le savoir être est extrément long et difficile à obtenir. C’est justement là l’objectif du développement personnel : travailler son savoir être.

  6. Vos relations : Vous savez vivre ? Et bien, voici venu le temps de la pratique : vivez ! Tout ceci nous mène à cela : la vie n’est qu’une histoire de relations, de communication, de liens sociaux. La vraie richesse, c’est l’interdépendance. C’est appartenir à un groupe, et en être un membre actif.

    Que ce soit au sein d’une société, d’une communauté, d’une famille, d’une association ou d’une entreprise, nous avons tous des rôles sociaux, et rien ne nous épanouit plus que d’apporter notre contribution aux autres. Se savoir utile, se donner, se poser en tant que ressource pour autrui, voilà qui nous donne une sensation d’accomplissement sans précédent.

    L’interdépendance est un échange. C’est devenir indispensable aux autres, tout comme ils vous sont indispensables. La véritable interdépendance créé des synergies et libère des énergies incroyables, rendant possible l’accomplissement de grandes choses.

    Beaucoup de gens mal dans leur peau disent « ne pas trouver leur place dans le monde ». Et bien ce monde dont ils parlent, ce n’est pas tant l’environnement, les immeubles, les magasins, que les gens qui les entourent. Et ceux qui sont passés par la solitude savent le prix d’appartenir à un groupe, d’être indispensable et de pouvoir compter sur quelqu’un en cas de besoin. Le simple fait de « relationner » est source de bonheur et de richesse.

    Considérez autrui comme votre plus grande ressource. Rien ne dépanne mieux qu’un ami lorsqu’on est dans la panade. Rien n’aide mieux qu’un groupe de potes lorsqu’il faut déménager. Rien n’est plus doux qu’une soirée aux chandelles avec sa moitié. C’est de vos connaissances que jailliront vos plus belles opportunités. Mais vous ne pouvez pas toujours prendre sans rien donner. Pour que cette fabuleuse ressource soit accessibe, vous devez, vous aussi, devenir une ressource pour autrui.

Comment devenir riche ?

J’espère que vous avez maintenant une idée un peu plus claire sur ce que signifie réellement la richesse. Vous voulez toujours devenir riche ? Trés bien, commençons par quelques exemples de choses qui ne vous rendront pas riche :

  • Acheter une nouvelle voiture plus puissante
  • Acheter de nouveaux meubles
  • Travailler plus pour gagner plus que nécessaire
  • Mettre fin à une relation parce que la personne vous ennuie

En revanche, voici quelques exemples qui vous rendront un peu plus riche :

  • Partir courir dans la nature avec des amis
  • Passer du bon temps avec vos enfants
  • Lire des livres sur le développement personnel
  • Vous inscrire à un cours d’art martiaux
  • Prendre des cours de danse avec votre moitié
  • Prendre une heure par semaine pour méditer, et penser à votre avenir
  • Reprendre vos études, ou prendre des cours à la fac « juste comme ça » (l’entrée des amphis n’est pas encore controlée)
  • Appeler de vieux amis, et leur proposer une sortie
  • Écrire à de la famille
  • Alors, prêt à s’enrichir ?

www.palsambleu.fr

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 10:27

Les formations au management apportent aux managers des outils, des techniques qui reposent sur des concepts issus des pratiques et de la recherche, notamment en sciences humaines. De ce fait, les enseignements et la recherche en psychologie sont utiles au manager pour comprendre son comportement, ses émotions (et ceux de ses interlocuteurs) et les répercussions de ses attitudes sur ses pratiques managériales au quotidien et ce, afin qu’il puisse agir et progresser.
De la psychologie certes, mais laquelle ? Les domaines et les disciplines sont divers et variés. Dans ce premier article, je vais aborder surtout les recherches en psychologie sociale qui ont vocation à être applicables en management.

Vous avez dit « psychologie sociale » ?

La psychologie sociale est une discipline scientifique qui s’intéresse à ce que pensent, ce que font et ce que ressentent les personnes insérées dans un environnement social. Son objet est d’analyser les dispositifs et les stimuli qui influencent nos comportements sociaux et qui déterminent et orientent les relations et les conduites des individus au sein d’une société.
En quoi est-elle utile au manager ? Elle lui permet de comprendre, par exemple, en quoi les valeurs, les appartenances catégorielles, l’identité sociale, les phénomènes de perception, la recherche de l’équilibre cognitif ou les représentations influencent son comportement et les répercussions sur son équipe.

Willem Doise (in “Psychologie sociale et développement cognitif”,  Armand Colin) définit quatre niveaux d’analyse distincts qui permettent au manager d’analyser les situations managériales.

Premier niveau intra psychique ou intra-individuel

Il se réfère à l’individu et se limite aux processus internes aux sujets. Par exemple : la manière dont ils organisent leurs pensées, comment ils évaluent leur environnement et comment ils se comportent face à cet environnement. En somme, on regarde comment le sujet vit son expérience dans son environnement, comment il fait pour organiser sa vie sociale.

Prenons un exemple. David présente à son équipe le plan d’action défini par le service qualité pour améliorer le taux de service. Il explique et argumente ce projet assez complexe. Comment va t il aborder ce sujet ? Comment présenter les données et les informations pertinentes face à l’un de ses collaborateurs qui manifeste des signes de résistances et de scepticisme ?

Analyser ces processus au niveau de la personnalité de David et de son collaborateur, et de leurs systèmes de traitement de l’information relève de ce premier niveau.

La prise en compte de ce premier niveau par le manager montre qu’il cherche à comprendre ses collaborateurs plutôt qu’à les évaluer à travers le filtre de son propre cadre de référence. Attention cependant aux projections, aux interprétations : le manager ne peut formuler que des hypothèses qu’il aura intérêt à valider auprès de l’intéressé.

Deuxième niveau : inter individuel et situationnel

Ce deuxième niveau d’analyse s’intéresse à la dynamique des processus entre individus dans une situation donnée, aux mécanismes des relations entre individus ou entre groupes.
Il s’agit ici d’étudier les interactions entre les personnes, par exemple analyser les modalités des relations entre deux personnes en situation de conflit ou en résolution de problèmes. Le diagnostic ne porte pas ici sur la personnalité des individus mais sur la relation et la dynamique interpersonnelle qu’ils mettent en place dans cette situation : une organisation interindividuelle et comment tout ce qui est mis en place affecte le résultat.

Revenons à David. Il sait qu’il peut compter sur Alain son fidèle collaborateur qu’il a lui même embauché. Il est également au courant des causes d’absence de Michel, un technicien très apprécié par l’équipe. Le plus difficile pour lui est de convaincre Olivier, son partenaire de tennis et ami de longue date.

Analyser la dynamique d’échange, les jeux de rôle au sein de cette réunion, les stratégies conscientes ou inconscientes, explicites ou implicites, telle est l’approche du deuxième niveau.

De nombreux modèles et outils, accessibles aux managers, permettent de comprendre et d’agir à ce deuxième niveau. Il s’agit de changer l’interaction plutôt que de chercher à changer les individus. S’il est opérationnel et dans le champ de responsabilité du manager, ce deuxième niveau n’éclaire qu’une partie de la réalité.
En effet, la bonne connaissance des membres de l’équipe et la capacité à gérer et réguler les relations entre les membres de l’équipe est certes primordiale mais encore pas suffisante.

Troisième niveau : le niveau positionnel

Dans la même réunion, David, ingénieur reconnu par ses réalisations et ses succès, doit composer avec trois équipes : celle des techniciens, celle du matin composée des anciens, qui connaissent parfaitement le travail, et enfin celle du SAV  qui est pour 80% du temps à l’extérieur chez les clients. Quand à Julie, la nouvelle stagiaire qui a un grand respect pour la hiérarchie, elle  ne cherche qu’à apprendre et capitaliser de l’expérience, elle respecte à la lettre les directives de son tuteur David.

Comment toutes ces personnes vont-elles se comporter ? Quels sont les mécanismes d’influence et de pouvoir qui vont s’opérer entre les membres de l’équipe. Comment les décisions seront-elles prises ? Comment va réagir telle personne?

A ce troisième niveau, les explications se trouvent dans les diverses positions sociales des individus et dans les relations hiérarchiques du système où ils évoluent.
L’individu est socialement intégré dans des groupes divers et variés, avec des relations hiérarchiques explicites ou implicites. Ces appartenances vont affecter ses comportements, ses pensées et bien sûr ses relations et ses décisions : on s’intéresse ici au statut et à la fonction.

Ce troisième niveau d’analyse resitue l’individu dans son contexte de travail : à l’intrapsychique et au relationnel s’ajoute le fait qu’il exerce ses fonctions dans un système qui définit ses limites et ses marges de manœuvre.

Quatrième niveau : le niveau idéologique

Ce quatrième niveau relève d’une vision plus globale. Il se situe au niveau de la société en tant que culture avec ses croyances, ses valeurs, ses normes et ses idéologies. Toutes ces données vont influencer la personne au niveau de son comportement, ses attitudes, ses modes de pensée et enfin ses actes.

J’aurais dû commencer par : David travaille depuis  5 ans au sein d’un groupe agro alimentaire japonais. Le groupe a une vision très pointue sur la qualité, l’hygiène et la sécurité sans oublier les améliorations permanentes, la croyance dans la persévérance, le travail bien fait. L’effort permanent et la réussite collective sont les valeurs de ce grand groupe. Tous les mois une note révèle le meilleur et le moins efficace des collaborateurs.

Quelles sont les croyances idéologiques de ce système? Comment ces principes vont-ils impacter les comportements? Quels sont les mécanismes de soumission et comment les personnes pensent-elles, agissent-elles et intègrent-elles ses croyances et ses valeurs ?

Ce quatrième niveau resitue les comportements dans un cadre plus global qui, s’il influence les collaborateurs, ne leur retire en rien leur libre arbitre.

Dans le diagnostic, les différents niveaux d’analyse peuvent être articulés. Une  analyse d’un comportement ou d’une situation ne dois pas se limiter à un seul niveau. Les quatre sont en interactions et bien évidement liés .

Et vous, à quel(s) niveau(x) analysez-vous les situations auxquelles vous êtes confrontés ?

Les différentes théories de chaque niveau feront l’objet de prochains billets pour expliquer en quoi elles peuvent guider les manager et si la psychologie est utile aux managers.

Abdellah Amjod dans blog-management.fr

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 11:21

NonDans la vie professionnelle, vous êtes parfois sollicité par votre patron qui veut nous confier une nouvelle mission, ou bien par vos collègues qui vous demandent un service, un coup de main. Et ces demandes se multiplient de façon inquiétante…

Or il ne vous est pas possible de tout accepter. Vous devez parfois refuser des demandes. Mais il ne vous est pas toujours facile de dire « non » de manière diplomatique.
Voici quelques pistes pour être plus à l’aise avec cette démarche.

1. Pourquoi a-t-on du mal à dire non ?

- Parce qu’on nous a appris dès tout petit à ne pas dire non (au moment de la crise du non autour de 3 ans, à l’adolescence, etc.). C’est considéré comme impoli de dire non.

- Parce qu’on confond souvent le non à une demande et le non à la personne qui formule cette demande et qu’on a peur de déplaire, de ne plus être aimé, apprécié, considéré. Voire peur d’être puni.

- Parce qu’on a le syndrôme de toute-puissance (si on me le demande, c’est que je peux/je dois le faire).

- Parce qu’on a peur de passer à côté d’une opportunité, d’une chance.

- Parce que nous faisons souvent :
. Ce que d’autres nous imposent avant ce que nous avons choisi,
. Ce qui provient d’interruptions d’autrui avant nos propres priorités,
. Ce qui se présente avant ce qui est important.

Bref, pas mal de peurs et de programmation initiale, qui nous conduisent à ne pas savoir dire non, presque de façon instinctive. Sans réflexion préalable.

2. Comment faire sauter les verrous qui vous empêchent de dire non ?

- Vous n’êtes pas des lampes électriques : on n’attend pas de vous une réponse instantanée, comme lorsqu’on appuie sur un bouton.
Donc, lorsque vous êtes sur le point d’accepter une demande, réfléchissez pour savoir si elle fait bien partie de vos missions.
Ne vous engagez pas dans une action tête baissée juste parce qu’on vous le demande, ou parce qu’il n’y a personne d’autre pour le faire.

 Avant de dire oui ou non, demandez pour quoi, pour quand, pourquoi moi ?

Prenez le temps de réfléchir à la demande, ce qu’elle entraîne si vous acceptez. Et pour savoir si vous pourrez y faire face, honnêtement (ai-je la compétence, l’appétence, le temps…?).

Envisagez les éventuelles conséquences (si j’accepte B, je risque de prendre du retard sur A. Qu’est-ce qui est le plus important pour moi/mon entreprise/mon patron ?)

- Quand on vous dit : « Es-tu libre ? » ou « Aurais-tu un moment à me consacrer ? » c’est peut-être une demande piégée où vous risquez de finir en victime. Demandez toujours des précisions avant d’accepter.

- Dissociez bien la demande et la personne qui fait cette demande. Ne dites pas oui pour faire plaisir ou pour éviter un déplaisir. Ne dites pas oui aux personnes que vous aimez bien (ou dont vous voudriez qu’elles vous aiment bien) et non aux personnes que vous n’appréciez pas.

- Sachez refuser une demande sans agressivité ni timidité. Utilisez une attitude assertive : « j’ai réfléchi à ta demande et te remercie d’avoir pensé à moi. Toutefois, avec le projet A qui me prend déjà beaucoup, je ne pourrais pas être efficace sur le projet B. Je préfère décliner« .
Gardez un visage franc et ouvert. Le « non » ne remet pas en cause vos relations avec l’interlocuteur. Sachez dire non sans froisser l’autre, car vous êtes le premier responsable de votre temps et de vos priorités.

Veillez à ne pas vous justifier, cela rendrait votre décision suspecte. Néammoins, vous pouvez expliquer votre refus avec assurance en défendant vos décisions, tout en respectant celles des autres.

- Utilisez les différentes façons socialement acceptables de dire « non »  :
. « Pas moi » (renvoyer vers un autre collaborateur, un sous-traitant, un ordinateur, une équipe…)
. « Pas tout ça » (n’accepter qu’une partie, un élément, un chapitre…)
. « Pas maintenant » (plus tard, demain, la semaine prochaine…)
. L’acceptation conditionnelle : « Oui si… (si on me décharge de ceci, si on retarde cela, si on m’octroie tels moyens matériels ou humains supplémentaires, si on m’offre une formation…) ». Ce peut être une excellente occasion d’obtenir des choses que vous réclamez ou dont vous avez envie depuis longtemps sans le dire.

- Acceptez que les autres vous disent « non ». Eux aussi doivent gérer leurs priorités.

3. En disant non, est-ce que l’on prend automatiquement le risque de dégrader la relation avec son manager ?

Non, pas automatiquement. Les points développés ci-dessus donnent des pistes de solution. Mais tout dépend de la personnalité et de la relation avec votre patron.

S’il prend votre « non » comme un affront personnel, c’est dangereux : attention à ne pas entrer dans le cycle vicieux du triangle dramatique victime-bourreau-sauveteur.

Si au contraire, il comprend et accepte votre refus, il vous considèrera et vous respectera bien mieux.
Mais ne dites pas systématiquement non à toute demande, cela vous décrédibiliserait.

À vous de jouer, maintenant !

Yves de Montbron dans manager-positif.com

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 10:58

Le titre d’un film ? La suite du dernier James Bond ? Un remake de Twilight ? Rien de tout cela ! Il s’agit des paroles d’accueil d’un employé de back office d’une grande banque à l’adresse d’un tout nouvel arrivant dans son service. Humour, certes. Mais la phrase est dite… Alors ?

Certains anciens rient jaune. Les plus récents sont franchement hilares. Il y en a même qui en rajoutent.

Le nouveau, déjà passablement mal à l’aise, se demande s’il doit sourire, faire mine d’être décontracté. Il jette un œil vers le manager qui semble légèrement décontenancé, hésitant à dire quelque chose : doit-il, lui aussi, lancer un trait d’humour ou bien redresser la situation « Je vous en prie ! Ne dites pas cela ! » ?

Et vous, managers, comment réagiriez-vous ?

feu

La parole des uns…

La parole qui circule dans un groupe représente bien souvent l’élément essentiel de ce qui s’échange entre ses membres. Elle représente en quelque sorte son identité, sa marque de fabrique. Libre ou contrôlée, spontanée ou encadrée, montante, descendante ou transversale, professionnelle ou émotionnelle, elle est bien souvent tout cela à la fois.

Les paroles permettent à cet ensemble de transmettre les informations utiles aux prises de décision, de préparer des stratégies, d’ajuster des comportements. Elles véhiculent aussi les angoisses des uns et des autres, les joies et les peines. Elles orientent le désordre et les contradictions des pensées et des sentiments pour construire, petit à petit, un tout cohérent et fonctionnel.

Cette dynamique évolue et contribue ainsi à établir au fil du temps une espèce de rituel favorisant ou, au contraire censurant, certaines paroles. C’est ainsi que « Bienvenue en enfer ! » peut être considérée comme une parole inadmissible et choquante ou, à l’opposé, un moyen de décompresser salutaire pour supporter une pression pesante.

Sur le plan individuel, le maniement de la parole est un processus complexe, reflétant les besoins de la personne de plaire, rassurer, séduire. Depuis la première enfance, chacun est amené à ressembler à un modèle et à s’éloigner d’un anti-modèle. Inconsciemment, nous récitons ou reproduisons un rôle dont le texte nous est donné dans les grandes lignes. Nous adoptons un prêt-à-porter, prêt-à-penser, une représentation du monde, nous permettant d’obtenir l’approbation, la considération ou l’amour de ceux vers qui nous souhaitons nous rapprocher.

Le sentiment d’appartenance, la considération d’autrui, la subtilité et la prouesse du mot d’esprit, autant de facteurs de motivation que n’aurait pas désavoués Abraham Maslow !

La parole des autres…

Le même jour de son arrivée, le nouveau venu accompagne son manager à une réunion où l’ensemble des salariés du département sont convoqués. Là, il s’agit d’une toute autre musique. Il entend les mots « conquérir », « cibler », « occuper », « stratégie ». A entendre les différents conférenciers qui se succèdent, il devine des alliances, il pressent des groupes de pression, des réseaux d’influence. Ici, on ne parle pas, on communique. Il sait déjà que s’il apprend le bon langage, s’il comprend les codes, s’il sait les utiliser à bon escient auprès des bonnes personnes, sa promotion sera en bonne voie/voix. Dans cette salle, il voit que le prestige de l’orateur est pesé à l’aune de son pouvoir. Le « winner » est honoré, envié, jalousé !

La complémentarité joue à plein régime : le plaisir des uns de se soumettre et de marcher au pas, ainsi que leur besoin d’être mené par un dirigeant charismatique confortent le plaisir des autres de dominer, de séduire. Les demandes affectives de chacun se retrouvent et se renforcent.

Là aussi, notre recrue regarde discrètement le manager : Vibre-t-il de cette grand’messe ? Paraît-il galvanisé ? La démonstration de force le stimule-t-elle ? Ou bien semble-t-il suivre ces discours comme un spectacle ? Une sorte de pièce de théâtre nécessaire et utile où les rôles ne sont pas tous bien joués ?

Sa parole à soi.

Au fil des semaines et des mois, l’ex-dernier arrivé verra beaucoup d’autres situations qui lui permettront de se faire une opinion… et d’apprendre le bon langage. Quel sera le bon langage ? Sûrement celui qu’il aura trouvé lui-même, en partie emprunté au langage des collègues mais aussi à celui des dirigeants, à condition que son manager le lui en ait laissé la possibilité, qu’il ait lui-même prouvé qu’il avait lui aussi son propre langage. Un manager attentif à ce que la parole circule, veillant à ce que les membres de l’équipe ne craignent pas de se contredire eux-mêmes et entre eux, la contradiction n’étant pas synonyme de différend. Un manager libéré du goût de dominer, sachant écouter et entendre ce qui n’est pas dit, protégeant l’impertinence dans une certaine limite et aidant son équipe à prendre du recul face à la langue de bois. Un manager sachant traduire les mots des dirigeants pour les rendre moteurs à son équipe.

Acquérir son propre langage, connaître ses penchants pour les chants des sirènes, se laisser imprégner de la musique des mots qui nous réconfortent, qui nous énergisent. Trouver les mots qui nous apprennent en retour à mieux se connaître pour s’épanouir. Fuir les mots qui ne sont pas les nôtres et préférer ceux qui nous font grandir. Les paroles créatrices de soi.

Bienvenue au paradis !

Jacques ISORE dans le blog du management

blog-management.fr

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 09:44

Comment gérer les critiques

 

En tant que manager,vous êtes forcément exposé à la critique. Il s’agit d’une conséquence de l’essence même du métier : vous prenez des positions sur des décisions et les défendez ardemment. Faire valoir son point de vue, c’est se découvrir et donc assumer les remarques négatives à son égard… Voyons comment faire face aux critiques avec efficacité !

1. Comprendre l’origine de la critique

Dans tous les cas, vous devez prendre du recul et ne pas tomber dans le piège qui consiste à réagir instinctivement et émotionnellement. Non. La seule attitude qui compte est de rester « zen » et ouvrir grandes ses oreilles pour analyser la situation. Vous devez comprendre ce qui a amené votre interlocuteur à réagir de la sorte. Bref, bien assimiler le contexte.

2. Évaluer le bien-fondé de la critique 

Une fois que l’origine est comprise, vous évaluerez dans l’étape suivante si la critique est pertinente ou non. Et surtout si cette réaction est constructive ! Dans le cas contraire, il vaut mieux ignorer la partie « attaque personnelle » et rechercher ce qui se cache derrière. Pour préparer votre riposte, demandez des détails, des justifications, des clarifications sur des points qui vous semblent sensibles.

2. Apporter une réponse

La meilleure stratégie consiste à répondre point par point. Il ne faut surtout pas rester dans la généralité, mais, au contraire, être précis, factuel, professionnel. Reprenez la critique et mettez en relief les faits saillants. Apportez une explication détaillée, circonstancielle.

Votre interlocuteur a raison ? Ne le niez pas, acceptez-le. Vous montrerez ainsi toute votre valeur.

Un autre point : votre interlocuteur doit sentir que vous prenez sa remarque en considération et que celle-ci permet de faire avancer le sujet. Selon le cas, acceptez votre part de responsabilité. Votre crédit personnel n’en sera que renforcé.

3. Définir une action corrective

Si la réponse apportée à la critique implique une correction, proposez une action corrective. Encore une fois, soyez précis. Dans le cas où la correction ne s’impose pas, expliquez-le. Ne soyez pas avare de pédagogie. Expliquez et expliquez encore.

4. Apprendre de la situation

Pour un « self-management » réussi, il faut savoir apprendre de l’expérience pour être encore plus performant lorsqu’une situation identique se représentera. Analysez si vous avez géré correctement la critique en question. Retracez comment vous avez géré la situation du début à la fin. Vous ferez ainsi une analyse sur le fond (le problème) et sur la forme (votre méthode pour faire face).

D’une manière générale, vous devez faire preuve de calme et montrer une grande confiance en vous. Il est impératif de ne pas répondre dans le même registre, de savoir prendre de la hauteur. Ne pas s’arrêter au premier degré, mais aller plus loin, pour comprendre ce qui se cache derrière. En adoptant une telle attitude, vous aurez de plus en plus de facilité pour gérer ces moments-là.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:58

argent

Pessimisme sur l’Humanité

Depuis quelques jours, je ne rencontre que des personnes qui parlent d’argent. C’est le seul prisme de leur existence, leur seule motivation, leur seule valeur. Je me retrouve parfois désarçonné par temps de vide et surtout par la certitude qu’ils ont que tout le monde ne peut penser que comme cela. Toute action humaine est jugée selon leur seule grille d’identification monolithique, l’argent. Un acte gratuit, la volonté d’aider l’autre, de partager leurs semble totalement étranger et même louche, cela cache une volonté de faire de l’argent, c’est forcé il y a un truc. Même les actes les plus anodins sont source de méfiance, aider une personne âgée à porter ses sacs trop lourds (je dois les rassurer, je ne vais pas m’enfuir avec leurs courses), tenir la porte à une personne pour la laisser entrer… Les gens sont sur la défensives, méfiants… les valeurs que j’ai reçu par mon éducation forte classique n’ont plus court ou elles sont perçues comme une duperie (vais je abuser de la personne âgée sans défense ?, si je tiens la porte c’est que je veux draguer la fille…). J’avais reçu des valeurs qui n’ont plus courts, aider l’autre était la plus belle récompense, où est passé l’esprit chevaleresque, l’honneur, la dignité ?

J’avais déjà rencontré ce style d’incompréhension quand par exemple j’avais quitté mon poste de formateur informatique au siège social de Renault (j’ai pu former personnellement tous les cadres dirigeants de l’époque, de Louis Schweitzer à Carlos Goshn alors numéro 2, j’étais leur formateur personnel, je rentrais dans leur bureau directement alors que les sous directeurs devaient patienter dans la salle d’attente (façon de bien réaffirmer la hiérarchie ce qui me valait une "aura" au siège social (ridicule)), bref un poste en or, protégé, très lucratif. Cela ne m’a pas empêché de démissionner, pour gagner deux fois moins en travaillant comme professeur d’histoire en ZEP dans le 93, je potassais le capes et l’agrégation en candidat libre après mes journées de boulot au siège. Mais j’avais encore des gens autour de moi qui pouvaient comprendre qu’il vaut mieux avoir un boulot que je pouvais estimer alors utile à la société qu’un boulot bien payé sans intérêt social. C’était il y a 13 ans.

Aujourd’hui, quand je regarde autour de moi, je ne vois plus beaucoup de personnes qui essayent d’être heureuses, de remplir leur vie par une activité intéressante, une passion même si elle n’est pas spécialement lucrative. Je reçois des emails qui me disent mais pourquoi tu trades pas plus, pourquoi tu ne fais pas que cela ? Parce que l’argent n’est pas un but, la liberté oui et on peut-être très libre avec peu d’argent. Je préfère passer une journée à bouquiner, à faire la planche à la piscine que trader pour me dire super j’ai gagné 1000€, mais j’ai rien fait de ma journée juste gagné de l’argent qui va s’accumuler sur un compte. Encore plus, encore plus… pourquoi ? Une nouvelle voiture ? Triste…

J’ai essayé de comprendre pourquoi la société a ainsi évoluée, pourquoi elle est devenue plus cynique, plus dure et totalement tournée vers le veau d’or, pourquoi l’argent est le seul but d’une existence qui finira entre 4 planches.

Je pense que c’est une conjonction de plusieurs facteurs : la crise économique a permis d’angoisser la classe moyenne par l’instauration d’une précarité économique et psychologique. Son emploi est une "chance", un bien précieux qu’il faut défendre, préserver quitte à enfoncer ses collègues pour ne pas être le premier à partir à la charrette de licenciement.Pour bénéficier de cette chance (?), pour garder son travail, les employés ont tout accepté, augmentation des cadences, de la pression, heures supplémentaires non payées, déclassement… ce qui fait que de nos jours, l’entreprise n’est plus un lieu de travail, mais de compétition, de pression, malheur à celui qui craque, qui n’atteint pas son objectif, qui semble fatigué…

Les gens finissent même parfois à s’identifier à leur emploi, ce qui provoquent des désastres quand ils peuvent le perdre. Au delà, d’un revenu fixe, c’est carrément leur identité qu’ils perdent… Le dernier mois où j’ai travaillé chez Renault, j’avais discuté avec un collègue qui partait à la retraite. Je le sentais mal, très mal, angoissé malgré ses sourires et jeux de mots classiques lors de la fête organisée pour son départ. Il s’est confié, j’ai tenté de le rassurer, 3 semaines après il se suicidait… il n’avait aucun projet, aucune identité autre que son travail.

L’image que nous renvoie les médias : pour être heureux, il faut consommer, on est bien plus heureux en Porsche qu’en Laguna, c’est une évidence qui ne souffre d’aucune contestation possible, sinon notre société s’écroule. Pour consommer, il faut de l’argent, pour avoir de l’argent, il faut un boulot, pour avoir un boulot il faut avaler des couleuvres, ce qui rend les gens plus agressifs car au boulot ils doivent prendre sur eux, mais en dehors, ils peuvent agresser la personne qui hésite à tourner à gauche ou à droite en voiture. Cette violence interne est tellement contrôlée par l’entreprise que quand un cadre est licencié, il peut se suicider (il culpabilise, s’il est licencié il est un nul…) alors qu’on pourrait s’attendre à ce qu’il prenne un fusil à pompe et qu’il fasse un carton sur son directeur des relations humaines. M^mee pas, il retourne la violence sur lui même et il se tue, cela nous montre la puissance culpabilisatrice de l’entreprise…

La société est beaucoup plus narcissique, le Moi devient le centre des discutions, le nous tends à disparaitre, l’individualisation progresse partout même au sein des couples (qui est pourtant la plus petite unité possible de deux êtres), chacun pouvant revendiquer un bonheur individuel au sein du couple, présenté comme normal et épanouissant, même si le couple peut en pâtir. J’ai envie, je fais, mon conjoint n’est plus terrible, je le jette. Les sites de rencontres en sont la quintessence, c’est le supermarché des rencontres, on consomme, mais on s’attache peu car il y a toujours la possibilité de trouver mieux (plus riche, plus beau, plus intelligent, plus musclé…) car le vivier est sans cesse renouvelé comme les voitures, les écrans télévisions…

L’individualisme a formidablement progressé et l’idée que l’autre n’est pas un ami potentiel mais un danger potentiel de plus en plus marqué.Cet individualisme s’explique à mon avis par cette société de compétition, malheur aux vaincus, je tuerai pour garder mon emploi, mon salaire, mon argent, ma consommation et in fine mon identité dans une société marchande. On a alors l’effet bling bling, l’important dans l’existence est l’argent qui permet d’acheter des biens de consommation qui feront envie aux autres. On pourra alors jouir de sa supériorité consommatrice en vantant sa voiture, son dernier ordinateur et en attendant de son interlocuteur une forme de reconnaissance sociale et de jalousie.

Tout cela pour en arriver à quoi ? A un grand vide… n’exister que pour le regard de l’autre… et rêver d’une Rolex à 50 ans… Les gens me font peur…

Extrait du blog Andlil Trader Insite

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 13:30

Management Ethique

Comment le « management éthique » peut-il aider à refonder et consolider le pacte de confiance et d’association entreprise/salariés ? Comment mobiliser l’énergie des acteurs pour une réussite collective ?

 

Des enjeux en question

Concilier bien-être et performance est avant tout un enjeu de santé publique, lorsque l’on sait que la mauvaise santé mentale est la 4e cause la plus fréquente d’incapacité au travail. Selon le BIT, le stress représente 3% du PIB. Le bien-être en entreprise participe, non seulement, à l’efficience économique, mais aussi à l’harmonie et la paix sociale entre personnes. Enfin, l’organisation en ressort gagnante, puisque le bien-être permet une meilleure mobilisation des collaborateurs. Elle se différencie, entre autres, de la concurrence et favorise son image interne et externe (fidélise ses collaborateurs, recrute plus facilement…). Une nécessité de pratiquer un management éthique dans les organisations. Le management éthique est un approche globale, qui consiste à : * mettre en œuvre des démarches et des pratiques managériales favorisant le bien-être conjoint des collaborateurs et de l’organisation; * construire un contexte de coopération, avec une reconnaissance réciproque salariés/entreprise.Par « éthique », il s’agit de définir les dispositions individuelles et collectives à agir selon des valeurs (respect, honnêteté…). Il ne fonctionne que si l’impulsion et l’exemplarité viennent des dirigeants. Cela suppose donc une véritable volonté stratégique, au-delà d’une simple réponse à une obligation légale.

Une démarche opérationnelle

Dans son dernier ouvrage, Le travail : un mal français ? Marc Forget nous explique  que l’un des défis majeurs de notre société est de concilier le bien-être des salariés avec l’efficacité, la compétitivité et la performance.

 

Il définit les 15 besoins à satisfaire pour générer bien-être et efficience (comme « être respecté et traité avec dignité », « concilier vie professionnelle et vie privée », « être informé », « disposer d’autonomie », « être traité avec équité »…).

Enfin, il nous dresse un panorama des 13 démarches clés à suivre pour mettre en place un management éthique. En voici quelques unes :

* Un management par un référentiel de valeurs partagées (aller au-delà de la charte et voir comment elles se traduisent de manière pratique),Un management par le sens (répondre à un besoin de comprendre), * Un management respectueux (traiter les collaborateurs en adulte et reconnaitre les différences de chacun), * Un management associatif (faire participer, construire ensemble les meilleures solutions), * Un management de responsabilité (savoir décider, trancher, arbitrer, déléguer des décisions)… A la lecture de l’essai, nous comprenons que le bien-être est fragile : un seul des paramètres précédents dysfonctionne et l’organisation/le travail en sont déstabilisés. Le manager éthique a un véritable rôle à jouer : exemplaire et source d’inspiration pour ses collaborateurs, il sert avant de se servir et optimise la performance de tous et de l’organisation.

L’épanouissement et la performance se situent donc à trois niveaux : individuel, collectif et organisationnel.

Chronique de Claire Leduc
Assistante de communication , Formatys                                       

Assistante de communication pour Formatys, cabinet de conseil et organisme de formation spécialisé dans le Mieux-Vivre au travail. Nos consultants accompagnent les entreprises… Voir son profil

Extrait de l’excellent Journal du Net

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 10:16

M le magazine du Monde| 17.05.2013 à 11h41

Par Didier Pourquery

Didier Pourquery
Didier Pourquery | Jean-Baptiste Talbourdet/M Le magazine du Monde

 

Entendu et réentendu à Cannes depuis plusieurs années : "Elle était en robe noire avec le petit top transparent qui va bien" ; "Trop glamour, avec la petite robe rouge vintage qui va bien". J’ai même lu dans Première, dans une légende d’une série de photos de Katy Perry aux Grammy Awards 2010, minaudant encore et encore en faisant briller sa bague de fiançailles, qu’elle affichait "la moue qui va bien quand on est une jeune fiancée". On aura compris, on le sait bien, qu’il ne s’agit pas de dire que ce sont des tenues ou des attitudes qui vont bien à celles qui les portent, non, simplement, c’est le truc "qui va bien". 

Dans un excellent livre qui vient de sortir aux éditions Tut-tut (oui, je sais…) sous le titre "Je dis ça, je dis rien" et 200 autres expressions in-sup-por-tables ! (1), Adèle Bréau épingle "qui va bien" en donnant un exemple de phrase entendue en agence de pub : "Mets-moi le p’tit graphique qui va bien dans ton PowerPoint." Adèle Bréau, blogueuse sur Terrafemina.com, n’est pas tendre avec les clichés contemporains, elle commente : "Ce "p’tit graphique" irait-il donc bien ? Même pas. Il semblerait que sa présence "fasse bien" tout au plus, notamment aux yeux du client qui n’y verra que du feu. Sous le "qui va bien" on sent le fake à plein nez." Et ma consœur en chronique langagière de conclure : "Fuyez si on vous invite à déguster une côte de bœuf et sa petite purée "qui va bien"." Tout le livre est de cette eau et je ne saurais trop le conseiller à tous ceux que les expressions suivantes exaspèrent : "je reviens vers toi", "c’est juste insupportable", "au jour d’aujourd’hui", "donner son go", "ça fait sens", "confusant" et autres "j’ai envie de dire"…

"JE VAIS PARTIR SUR"

En lisant ce petit ouvrage, on remarque nombre de phrases qui nous saoulent jour après jour au travail. Mais on ne peut s’empêcher de noter aussi que c’est la télévision, et la multiplication des chaînes avec leurs programmes plus ou moins bâclés, qui reste le diffuseur premier de cette novlangue, populaire par défaut et terriblement réductrice. En effet, à quoi sert la télé aujourd’hui, en dehors de la programmation de séries que l’on télécharge de toute façon sur Internet ? A quoi sert la télévision dite "de flux" ? A fabriquer des scènes de clashs (engueulades), ou des "fails" (ratages), ou des phrases "buzzées" ("non mais allô quoi !"), qui seront reprises en boucle sur les réseaux sociaux pour devenir "cultes".

Elle sert aussi, avec ses talk-shows trop longs et sa télé-réalité débile, à marteler en direction du public le plus large les pires façons de parler de candidats ou d’animateurs certainement doués dans leur domaine mais pas vraiment dans celui de la langue (parlée). Adèle Bréau note par exemple le mot "gourmangue", façon dont les chefs télévisuels à accent, depuis Cyril Lignac, décrivent un plat dans les multiples émissions de chefferie : "J’aimeu biengue, c’est gourmangue, c’est un plat qu’on a envie de mèn’ger." Elle note aussi, dans ces émissions hautement caloriques, l’expression "je vais partir sur" ; comme dans "je vais partir sur la moule, que je vais revisiter entre terre et mer, pour la sublimer à ma façon". Notons que ce genre de bêtise est entré dans le langage courant, pour le meilleur et pour le pire, pour rire ou pour de vrai. Et quand on entend les jurés de "Master Chef" ou de "Top Chef" répéter en boucle le qualificatif "malin" pour décrire un légume "revisité", j’ai envie de dire NMAQ (2) !

(1) Tut-tut, éditions Leduc.S, 224 p., 6 €.

(2) "Non mais allô quoi !" a été déposé en tant que marque par la prévoyante Nabilla.

Didier Pourquery

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 18:24

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1)   Pourquoi ressentons nous le besoin de prendre de bonnes résolutions ?

 

Les résolutions du début d’année à la Saint Sylvestre  sont héritées de différentes traditions religieuses ou pas et elles sont dans ce cas la conséquence d’un rite auquel certains se prêtent sans avoir nécessairement une réelle motivation quant aux résolutions prises.

Dans ce cas, elles sont très souvent multiples, vagues et irréfléchies.

Les bonnes résolutions sont souvent prises lors de changements de vie, à l’occasion des périodes de congés ou d’autres ruptures (périodes d’inactivité volontaires ou subies) qui sont propices à la réflexion et à l’analyse rétrospective : tout bilan générant logiquement des changements sur les points insatisfaisant et/ou négatifs, l’envie ou le besoin de changement s’exprime alors sous cette forme comme une contribution pour trouver l’équilibre ou l’harmonie.

Elles ont en commun d’aspirer à un avenir plus souriant que le présent ou le passé et d’éviter de revivre des évènements ou situations pénibles et dans ce cas elles ont une forte dimension émotionnelle pas toujours propices à une véritable réflexion.

Un quotidien de contraintes, d’activités répétitives et de déplaisir est un terreau propice à la prise de résolutions ayant comme objectif de le modifier pour accéder à une vie meilleure.

 

 

2)   Pour quelles raisons échouons nous régulièrement à tenir nos bonnes résolutions ?

 

Il est assez logique que les résolutions « rituelles » échouent très souvent puisqu’il n’y a pas nécessairement de motivation réelle à changer et qu’elles sont nombreuses (« je veux m’arrêter de fumer, mettre plus d’argent de côté, perdre 6 kilos, mieux m’organiser au travail en disant plus souvent non à mon patron, me remettre au sport, ne plus m’énerver et enfin profiter plus de ma famille et de mes amis »).

Comme il y en a beaucoup et peu de motivation, alors nécessairement les premiers efforts sont la plupart du temps condamnés à l’échec et donc les bonnes résolutions sont abandonnées au fur et à mesure des tentatives échouées.

De plus vouloir changer, implique également que l’entourage accepte les changements induits pour eux et tant que cela va dans leur sens tout va pour le mieux mais dés que cela s’oppose à leur propre fonctionnement : vouloir arrêter de fumer alors que son conjoint fumeur ne le souhaite pas va vraisemblablement générer des tensions ou des résistances à chaque fois qu’il souhaitera fumer, changer son organisation de travail pour partir à l’heure risque de vous désigner à votre entourage comme un collaborateur manquant de motivation et cela même si vous êtes en réalité plus efficace qu’auparavant.

 

Se fixer des résolutions qui tendent à éviter ou supprimer quelque chose est difficile à tenir car elles sont formulées négativement et ne donnent que peu d’énergie pour réussir à changer généralement des comportements fortement ancrés et perçus comme pénalisant.

 

D’autres résolutions telles que « je vais être davantage bienveillant avec mon entourage et mes collègues » sont quasiment condamnées à l’échec dés leur formulation car trop imprécises et ressemblant plus à un souhait qu’à une réelle prise de décision impliquant des actions concrètes pour changer.

Il y a également les bonnes résolutions qui échouent car trop ambitieuses et qui ne permettent pas de mesurer l’ampleur des changements à accomplir, l’énergie et le temps nécessaire pour les mener à bien : cela revient à prendre le départ d’une course à pied dont l’on ne connaîtrait ni la distance, ni le dénivelé ou encore les conditions climatiques.

 

Les dernières résolutions impossibles à tenir sont celles qui vont à l’encontre de notre nature profonde : si je décide par exemple d’être moins pointilleux dans mes rapports avec les autres alors que je suis viscéralement attaché à ce que tout soit parfait, il est vraisemblable que malgré mes efforts à la moindre difficulté ou au moindre stress je vais adopter à nouveau mon mode de fonctionnement habituel.

 

 

3)   Quelques suggestions pour prendre de bonnes résolutions que vous réussirez à tenir

 

Ne pas prendre trop de résolutions simultanément, en privilégier 1 ou 2 et les mener à bien quitte à enchainer avec d’autres dés que l’objectif sera atteint.

 

Pour cette raison, toute résolution doit être murement réfléchie et décidée en pleine conscience des efforts à consentir.

 

Elle doit permettre de visualiser le(s) bénéfice(s) obtenu(s) si l’on s’y tient et qu’elle vaut les efforts à consentir pour y parvenir : il est important d’avoir en tête ce que l’on souhaite obtenir et aussi ce qui sera difficile et ce à quoi l’on devra renoncer.

 

Elle doit encore être accessible et formulée en terme d’actions à mener à court terme avec des rappels réguliers sur l’objectif final et ses bénéfices pour lutter contre les moments de faiblesse qui pourraient survenir.

 

Vous devez chercher des soutiens parmi vos proches ou encore auprès de personnes qui vont adopter la même résolution : vous pourrez ainsi échanger avec d’autres sur vos difficultés et aussi fêter avec eux vos réussites même les plus minimes.

 

En cas de difficulté rencontrées ou encore de retard pris sur votre programme ne pas abandonner et établir un nouveau planning avec éventuellement des objectifs moindres et plus progressifs.

 

Enfin prendre des objectifs en cohérence avec sa nature profonde et ne pas vouloir se « reprogrammer » totalement pour adopter une nouvelle personnalité à l’opposé de ce que vous êtes actuellement.

 

Penser qu’il peut être beaucoup plus pertinent de capitaliser sur ses points forts et de les renforcer en étant vraiment ambitieux sur les bonnes résolutions s’appuyant dessus et composer avec ses faiblesses en étant nettement moins ambitieux plutôt que de vouloir les transformer en points forts.

 

Et vous quelle sera votre prochaine résolution ? Rituelle ou mûrement réfléchie ? Impossible à tenir ou réalisable ?  Bon courage , la satisfaction est au bout !

 

Arnaud DUBOST et toute l'équipe de MANEGERE

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Published by manegereafrique - dans EFFICIENCE OPERATIONNELLE
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