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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 12:47

Un plaidoyer pour la formation interne

 

Vous voulez savoir ce qui se passera demain dans le secteur privé en Afrique ?

Intéressez-vous au monde bancaire, car il préfigure les tendances des autres domaines d’activités. L’un des principaux défis que doivent relever les banques africaines aujourd’hui est de trouver et de garder les compétences nécessaires à leur développement. Mais certains profils restent introuvables. À tel point qu’il faut baisser le niveau d’exigence pour trouver des candidats aptes à occuper les postes vacants.

Cette situation s’explique par la croissance accélérée du secteur bancaire africain. Si dans les années 1990 cohabitaient principalement des banques d’États, des banques privées ont vu le jour avec la libéralisation du secteur. Elles se sont développées pour devenir des acteurs sous-régionaux, puis continentaux. Des métiers jusque-là inexistants sont apparus : business analyst, chef de projets, spécialiste en communication et en marketing. Les collaborateurs les plus compétents sont courtisés, à l’instar des joueurs de football, et l’on assiste à un véritable « mercato ». Pour sortir de cette situation entraînant une hyperinflation salariale, et à moyen terme une stagnation du marché par manque de compétences, il faut suivre trois pistes.

En premier lieu, les banques d’une certaine taille doivent, comme leurs concurrentes européennes, créer des écoles internes pour la formation continue et/ou parrainer des centres de formation en alternance dans les écoles pour des formations diplomates. Certaines institutions bancaires ont ouvert la voie, comme la BGFI l’année dernière avec sa Business School ou Attijariwafa Bank avec une structure académique pour les cursus métiers, des formations à cycles courts et longs pour le management avec des spécialisations pointues. D’autres banques ont des projets similaires même s’il faut reconnaître que la démarche est difficile : un centre de formation ne se crée pas ex nihilo ! Pour que le plan de formation soit cohérent, il faut qu’il soit porté par le DRH et relayé par le comité de direction. Il faut passer de l’organisation de la formation à son pilotage : par exemple, une formation en technique de vente doit avoir un impact direct sur les résultats de l’entreprise, notamment par l’augmentation du nombre d’ouverture de comptes dans les six mois !

En deuxième lieu, les institutions financières telles que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) doivent passer de l’incantation aux actions concrètes afin d’atteindre, par exemple, leurs objectifs d’augmentation du taux de bancarisation de 4 % en moyenne en zone franc CFA à 20 % ! Une solution serait la création de centres de formation professionnelle régionaux, destinés à l’ensemble des banques des pays concernés, et la création de diplômes pour les professions les plus « consommatrices » de main-d’œuvre. Pour cela, il faudrait améliorer le cadre juridique et réglementaire, comme en Europe, ainsi que l’efficacité des plates-formes technologiques, comme en Asie. En troisième lieu, les professionnels eux mêmes doivent prendre conscience de leur part de responsabilité, car tout ne peut venir des banques, des institutions locales ou internationales ! Être diplômé d’un master en économie et finance ne fait pas automatiquement un bon banquier : il faut acquérir de l’expérience sur le terrain. Les banques recherchent des compétences et du savoir-faire : cela ne se matérialise pas uniquement par un diplôme, mais à la fois par un niveau d’études et de la pratique.

Il nous paraît donc impératif de suivre rapidement ces trois pistes pour anticiper les changements à venir. Aujourd’hui, le nombre de banques est disproportionné par rapport à la réalité économique des marchés dans lesquels ils évoluent, il y aura donc une période de concentration. Si les acteurs ne changent pas résolument, le marché les y contraindra…

Les collaborateurs les plus compétents sont courtisés, à l’instar des joueurs de football.

 

Said AGBANRIN et l'équipe Mane Gere

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Published by manegereafrique - dans FORMATION
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