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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 11:37

Plongées dans un avenir incertain, peu d’entreprises prévoient les futurs besoins en compétences de leurs salariés, constate Jean-Pierre Willems. Pourtant, le consultant estime qu’il serait possible d’anticiper la formation et les compétences. Cette stratégie visant une plus grande autonomie des collaborateurs mise sur l’intelligence et la confiance.

 

Malgré le DIF ou les accords de GPEC, « Les entreprises n’anticipent pas l’évolution des compétences de leurs salariés. La culture de la formation juste à temps reste perçue comme la seule qui soit efficace » a constaté Jean-Pierre Willems, consultant en droit de la formation, lors de la journée des Trophées du DIF organisé en mars dernier par Demos.

 

Les accords de GPEC ? «Ils sont rarement déclinés de façon formelle. Et certaines prévisions d’évolution d’activité ont été malmenées par la crise ». De plus, l’efficience même de la formation incite les entreprises à privilégier le court terme : « On a beau parler de capital compétences des salariés comme d’une valeur ajoutée, cette notion est extrêmement mouvante. Car une compétence n’est pas stockable. Si la formation n’est pas transposable dans le quotidien du salarié, ses connaissances s’évaporent ». D’où un réflexe naturel des entreprises à privilégier les actions d’adaptation.

 

Trop peu d’autonomie

 

Ce recours massif aux formations d’adaptation aurait néanmoins ses limites. Jean-Pierre Willems pointe le risque d’une politique formation « très standardisée, où l’on recherche des recettes et des modes opératoires sécurisants, souvent liés à des organisations ou les salariés ont de moins en moins de marge de manoeuvre ».

 

Or, pour le consultant, une des pistes pour penser les futurs besoins en compétences consiste au contraire à développer l’autonomie des salariés. A leur donner, par la formation, «les moyens d’anticiper de futures situations de travail et de faire face à l’évolution de leurs pratiques professionnelles».

 

Toutefois, «cela suppose une organisation qui parie sur la confiance et l’intelligence des situations de ses collaborateurs ». Une stratégie encore rare, «car elle suppose qu’il n’y aurait pas une, mais plusieurs façons de faire face aux évolutions».

 

Quitter la logique de rentabilité immédiate

 

Dans cette recherche d’autonomie, la formation d’anticipation ne viserait plus à donner des recettes opérationnelles. «Il faudrait équilibrer la part entre outils, méthodes mais aussi s’ouvrir aux apports théoriques, comme la psychologie ou la sociologie, qui peuvent être utiles aux commerciaux pour anticiper l’évolution des attentes de la clientèle ou aux managers ».

 

Une approche qui ne correspond guère aux attentes des responsables formation, adeptes des stages opérationnels. Et soucieux de la rentabilité de leur budget formation.

 

Or, « anticiper la formation nécessite d’investir sans savoir si le salarié va rester. Il faut abandonner cette idée du retour sur investissement sur la formation : c’est une impasse, car la compétence est trop volatile » conclue Jean-Pierre Willems.

 

Lydie Colders

 

 

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Published by manegereafrique - dans FORMATION
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